Une autre approche de la mode pour contrer la pollution
L’industrie de la mode, avec ses nouvelles collections saisonnières, incite le consommateur à changer régulièrement ses vêtements. Mais le transport des textiles dans le monde entier et le rejet dans l’eau des produits utilisés pour la fabrication des vêtements ont un impact désastreux sur la nature, comme le souligne Arnaud Leroy, directeur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). «Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est surtout le lavage de nos vêtements, avec toutes les substances dangereuses qu’il libère, qui pollue les océans, devant même les emballages plastiques.»
On assiste à une prise de conscience également du côté des consommateurs, qui cherchent de plus en plus à donner une seconde vie aux habits qu’ils ne portent plus, soit en les donnant, soit en les revendant. C’est ce que proposent des associations françaises, comme Emmaüs ou le Secours populaire, ou certains sites internet spécialisés dans la vente de vêtements d’occasion.
Porter des vêtements qui ne sont pas neufs permet de les acheter à un prix inférieur, mais aussi de lutter contre la surconsommation. Aline, blogueuse active pour la réduction des déchets, affirme que «certaines personnes ne portent leurs vêtements qu’une dizaine de fois, il me paraît donc plus juste de les revendre. Il existe toutefois encore un tabou* sur les vêtements d’occasion, que certains trouvent “sales” mais ce n’est pas du tout le cas et on trouve même des choses très à la mode.» Cette tendance attire notamment la jeune génération, souvent préoccupée par un budget limité et par l’environnement.
CÀ Paris, la marque Les Récupérables valorise, par exemple, le réemploi des tissus qui vont être jetés. Anaïs Dautais Warmel a imaginé ce concept pour créer une économie plus éthique, plus responsable. Selon elle, la réutilisation de matériaux considérés comme des déchets (des rideaux ou des tissus) est essentielle. «C’est une méthode qui est nécessaire parce qu’il y a des excès de production. En revanche, ça reste une solution d’urgence. La vraie solution consiste à fabriquer des vêtements neufs avec des matières innovantes, respectueuses de l’environnement et qui ont une longue durée de vie, comme le coton biologique», explique Anaïs.
Pour réduire l’impact écologique, la question est de savoir sur quoi on doit se concentrer. Doit-on arrêter d’acheter des habits? Doit-on acheter uniquement les marques éco-responsables? Pour Jean Ruffier, sociologue spécialisé dans le développement durable, c’est surtout le comportement des consommateurs qui doit évoluer, comme prendre l’habitude de réparer un vêtement plutôt que de le jeter. «Si on arrive à des crises environnementales, les changements de comportement seront inévitables», espère-t-il.
D’après www.rfi.fr.
* Tabou : quelque chose d’interdit, dont on ne doit pas parler par peur.