Le compte à rebours
Conservation ou exploitation? Le débat n'est pas nouveau. Il commence même déjà à dater. Les éternels affrontements entre ceux qui militent pour la protection inconditionnelle de sanctuaires naturels et ceux qui défendent les intérêts économiques des compagnies forestières semblent même passés de mode. Une voie médiane commence à s’imposer entre deux points de vue jugés longtemps inconciliables. Mais au rythme auquel les forêts tropicales se dégradent, il devient urgent de traduire sur le terrain une politique propre à pérenniser les ressources forestières.
Sur le continent africain, qui recèle un cinquième des forêts tropicales du monde, il est délicat d'établir un palmarès des risques que connaissent les zones exposées. La prolifération de la « culture sur brûlis » a largement dégradé la forêt ivoirienne alors que le Gabon a plus à craindre, de l’ouverture de son couvert forestier à l’exploitation industrielle du bois. La construction de routes et d'infrastructures dans les forêts entraîne le plus souvent un afflux de population incontrôlable, ce qui ne fait qu'accroître le déboisement.
De plus, les élèves ont des téléphones portables au collège car ils sont équipés par leurs parents qui veulent pouvoir joindre leur enfant après la classe, parce que ça les rassure. Selon le responsable d’une fédération de parents d’élèves, il y aurait autant de parents favorables à l’interdiction des téléphones portables qu’à leur autorisation. C’est pourquoi les modalités de cette interdiction doivent être discutées avec les familles.
Mais ce n'est pas là le seul effet secondaire. La chasse est également liée à l'exploitation forestière, le commerce du gibier offrant des possibilités lucratives. Un ouvrier forestier peut doubler son salaire en braconnant un chimpanzé, et le percement des routes permet d'écouler les produits de la chasse vers les grandes villes où un marché florissant se développe.
Face à cette pression du marché doublée d'une absence de contrôle rationnel, la forêt est-elle condamnée? Pas forcément, mais il ne s'agit pas de sous-estimer la menace. Plusieurs pays ont commencé à appliquer les principes d'une gestion intelligente d'une ressource longtemps considérée comme inépuisable. Simultanément des forestiers se convertissent à l'aménagement afin de procéder à une exploitation sylvicole rationnelle. Reste à faire de ces principes une règle pour tous. Sinon le poumon de la terre continuera inexorablement à disparaître. Au rythme d'une vingtaine de terrains de football par minute.
Jeune Afrique, le 30 mai.
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